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Arnaud Desplechin : « La Nouvelle Vague est une influence que je revendique »

Arnaud Desplechin : « La Nouvelle Vague est une influence que je revendique »

A l’occasion du Beijing International Film Festival et du festival Shanghai 7ème Art, le réalisateur français Arnaud Desplechin se rend en avril à Pékin (17-20 avril) et à Shanghai (21-23 avril). Une rétrospective de ses films aura lieu du 8 avril au 8 mai dans une sélection de salles de cinéma dans les deux villes.

Avant sa visite en Chine, Arnaud Desplechin accorde une interview à faguowenhua.com. 

 

Q : Votre dernier film Trois souvenirs de ma jeunesse vous a valu le César du meilleur réalisateur 2016. Quand et comment est née l'idée de ce film qui revient sur l'histoire de Paul et Esther, personnages que l’on retrouve déjà dans Comment je me  suis disputé… (1996) ?

A.D. : J’avais la forte volonté d’écrire pour de très jeunes acteurs, exercice que je n’avais encore jamais fait auparavant. C’est en multipliant les scènes autour de ce jeune couple – celui d’un garçon habitant déjà une grande ville et d’une jeune fille encore provinciale – que j’ai soudainement réalisé, en écrivant, que ce couple ressemblait à celui décrit dans Comment je me suis disputé. Plutôt que de m’en affliger, j’ai voulu m’en réjouir. Et je me suis dit : « pourquoi ne pas revisiter ces thèmes et raconter l’enfance et la jeunesse du héros que nous avions inventé, Mathieu et moi, il y a près de 20 ans ? »

 

Q : Vous êtes considéré comme un réalisateur héritier de la Nouvelle Vague, qu'en pensez-vous ?

A.D. : La Nouvelle Vague est une influence que je revendique et je suis un peu le seul de ma génération dans ce cas. La génération qui a suivi la Nouvelle Vague, que je désignerais comme celle des « nouveaux réalistes », ne m’intéressait pas ; j’étais passionné par le renouveau du cinéma américain des années 80. Un jour, à l’âge de 25 ans, j’ai redécouvert les films de Truffaut et j’ai été frappé par leur inventivité formelle ainsi que leur goût du romanesque. Ces films m’ont permis de devenir moi-même cinéaste.

 

Q : Quelle est la source d'inspiration de vos films ?

A.D. : Les films des autres, les films que j’admire, Truffaut, Bergman, Scorsese. Aujourd’hui, Wes Anderson, PT Anderson, Noah Baumbach, Jia Zhang Ke, la liste est longue…
Je suis un cinéphile et un cinéaste. Sinon, comme tous les acteurs, je me base sur mon expérience personnelle, aussi modeste soit-elle. J’aime donner aux spectateurs le sentiment de l’intime, de l’autobiographie, même si j’ai le goût du roman.

 

Q : Vous travaillez souvent avec les mêmes acteurs/actrices, par exemple l'incontournable Mathieu Amalric, vous écrivez systématiquement les rôles en pensant à lui ? 

A.D. : J’écris très rarement pour des acteurs. Je préfère écrire des personnages qui me surprennent. Ensuite, je distribue les rôles. Et si j’essaie d’élargir à chaque fois ma troupe d’acteurs, je m’efforce dans le même temps d’être fidèle à mes admirations. Disons que Mathieu Amalric est mon Mastroianni.

 

Q : Quels sont les réalisateurs qui vous ont influencé ?

A.D. : Truffaut, Godard, Scorsese, Coppola, Forman.

 

Q : Récemment vous vous êtes tourné vers le théâtre, avec votre première mise en scène (Père, une pièce d’August Strindberg), pour la Comédie-Française. Il paraît qu'après avoir reçu l'invitation d'Éric Ruf, vous avez d'abord soumis « la liste complète des cinéastes qui s'étaient plan­tés en passant au théâtre ». Qu'est-ce qui vous a poussé à accepter finalement cette proposition ? Comment s'est passée cette première expérience de mise en scène théâtrale ?

A.D. : Qu’est-ce qui m’a poussé ? Le goût du risque, le désir d’apprendre. Je venais de voir Birdman et Sils Maria, deux films sur le théâtre qui me plaisent beaucoup. Je me suis dit que cette expérience saurait nourrir mes prochains films. L’expérience fut magnifique. J’ai réussi à trouver ma place, malgré mon manque d’expérience. Sûrement parce que cette pièce de Strindberg a tant influencé les films de Bergman. C’est ce savoir cinéphile que j’ai pu transmettre aux acteurs.
La pièce fut un triomphe, j’étais heureux !

 

Q : Est-ce votre premier voyage en Chine pour faire la promotion de vos films ? Qu’en attendez-vous ?

A.D. : C’est mon deuxième voyage. Le premier fut trop court.
Je vais découvrir les visages des spectateurs chinois et cela m’émeut.
J’attends de découvrir des films, des réalisateurs que je ne connais pas encore. J’espère repartir en France avec une pile de DVD !

 

Q : The Ghost of Ismael est le titre de votre prochain film. De quoi parlera-t-il ?

A.D. : Je ne peux pas entrer dans les détails. Mais il y a dans ce film trois portraits de femmes françaises, et chacune de ces trois femmes me fascine.

 

Plus d'info sur la rétrospective d'Arnaud Desplechin 

 

Cinéaste français, Arnaud Desplechin est un amoureux du cinéma d'auteur. En plus de 30 ans de carrière et avec 11 films à son actif, il est nommé 56 fois dans des festivals et obtient plusieurs récompenses dont le prix Louis Delluc en 2004, pour Rois et Reine, et l'Étoile d'Or du réalisateur pour Un conte de Noël en 2009.

Né le 31 octobre 1960 à Roubaix, il étudie à l'Institut des hautes études cinématographiques (IDHEC) et obtient son diplôme spécialisé en « réalisation et prises de vues ». Il fait d'abord ses preuves en tant que directeur de la photographie. Puis en 1991, il réalise son premier moyen-métrage, La Vie des morts, présenté à l’occasion de la Semaine de la critique à Cannes et récompensé par le Prix Jean Vigo. Doté d’un talent indéniable pour la réalisation, il sait aussi diriger ses acteurs et révélera quelques prodiges du cinéma français tels qu’Emmanuelle Devos dans Rois et Reine. En 1992, Arnaud Desplechin réalise son premier long-métrage, La Sentinelle, qui marque également sa première collaboration avec l'acteur Mathieu Almaric. Quatre ans plus tard, sort en salles son deuxième long-métrage intitulé Comment je me suis disputé… (ma vie sexuelle). Fortement salué par la critique, ce film confirme le talent du réalisateur dans le réputé cinéma d'auteur français. Il permet également à Mathieu Almaric d'obtenir le César du Meilleur espoir masculin.

On retrouve Arnaud Desplechin en 2015 sur la Croisette avec le film Trois souvenirs de ma jeunesse, qui a remporté le César du meilleur réalisateur en 2016, et qui, 20 ans après Comment je me suis disputé… (ma vie sexuelle), relate les souvenirs de Paul.

 

 

 

     

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