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La bande dessinée, « une histoire d'amitié et de complicité »

La bande dessinée, « une histoire d'amitié et de complicité »

Interview de Benoît Peeters, écrivain, scénariste et critique français. Il signe avec le dessinateur et scénographe belge François Schuiten une oeuvre commune Les cités obscures, une série de bande dessinée fantastique. Invité de la Fête des bulles en Chine, Benoît Peeters parle de sa collaboration avec François Schuiten.

Comment est née votre collaboration ? 

Les Cités obscures sont avant une histoire d’amitié et de complicité. François Schuiten et moi, nous nous connaissons depuis l’âge de 12 ans. Nous avons été dans la même classe, pendant trois ans. Il dessinait sans cesse ; j’aimais écrire. Nous avons rapidement créé ensemble un petit journal d’école. C’était, à quelques détails près, la même collaboration qu’aujourd’hui : François s’occupait des images, j’étais responsable des textes, tout le reste nous était commun. Quand nous avons repris contact, à 20 ans, chacun de nous avait commencé à réaliser ses rêves d’enfant. L’envie de collaborer nous est apparue comme une évidence. 

 

Qu’avez-vous ressenti en apprenant que Les Cités obscures allaient être publiées en Chine ? 

Ce fut une grande joie, il y a trois ans, d’apprendre que People’s Fine Arts Publishing House avait l’intention de traduire plusieurs de nos albums. En ce qui me concerne, je suis passionné par la Chine depuis mon adolescence et j’y ai déjà voyagé à cinq ou six reprises. La première fois, c’était en 1979, à Canton. François et moi nous réjouissons énormément de participer à la Fête des Bulles, et de dialoguer avec d’autres auteurs et surtout avec les lectrices et lecteurs chinois. Nous attendons beaucoup de ce voyage, et sommes très curieux de l’évolution de la bande dessinée en Chine. 

 

Quels sont les artistes qui vous ont inspiré dans Les Cités obscures

Certaines références peuvent être identifiées facilement. Le grand écrivain argentin Jorge Luis Borges est ainsi une influence majeure ; Kafka est central. Jules Verne a été également essentiel : il apparaît d’ailleurs comme personnage dans L’enfant penchée. Mais parmi nos influences, il y a aussi un graveur comme Gustave Doré, des peintres comme les Orientalistes, les symbolistes et les surréalistes belges, des photographes comme Nadar et Karl Blossfeldt, des auteurs de bande dessinée comme Winsor McCay, Alex Raymond, Hergé, Edgar P. Jacobs, et bien d’autres.  

 

Pouvez-vous nous dire un mot des Cités obscures et de Revoir Paris

L’avantage pour le lecteur des Cités obscures, c’est qu’il peut entrer dans la série par n’importe quel album. Certains lecteurs ont sans doute le désir que le puzzle des Cités obscures se complète et dessine une image cohérente. Mais pour nous, il peut continuer à se développer dans l’espace et dans le temps, à travers de nouvelles villes, de nouvelles périodes, de nouveaux personnages. 

Notre nouvelle histoire, Revoir Paris, se déroule pour sa part sur la Terre, mais au milieu du XXIIe siècle. Dans Revoir Paris, nous jouons avec des signes : certains renvoient à notre époque ou à un futur proche, mais d’autres sont libres, sans visée explicative ni alarmiste. Il ne s’agit pas de proposer une traduction littérale des craintes que peut susciter notre présent. Il faut qu’il y ait de la liberté et de la fantaisie dans l’imaginaire, sinon mieux vaut écrire un essai ou un reportage.

 

Lire aussi : Fête des bulles

 

Benoît Peeters (1956) est écrivain, scénariste et critique français. Diplômé de philosophie, étudiant sous Roland Barthes, il publie son premier roman, une biographie fictive de Claude Simon, en 1976. Grand connaisseur d’Hergé, de Jacques Derrida ou encore d’Alain Robbe-Grillet, il est l’auteur de la biographie Derrida publié en Chine par Renmin University Press (2014) et des Entretiens avec Alain Robbe-Grillet publiés par Hunan Literature and Art Publishing House (2015). Il est le scénariste des Cités Obscures mais aussi de Calypso (dessins d’Anne Baltus), de Love Hotel (dessins de Frédéric Boilet), de Revoir Paris (dessins de François Schuiten).

Il s'associe avec François Schuiten pour créer une œuvre commune, Les Cités Obscures, publiée en Chine sous le titre de « 朦胧城市 » par People’s Fine Arts.

 

François Schuiten (1956) est un dessinateur et scénographe belge. Il a reçu le Grand Prix de la ville d’Angoulême en 2002. Il publie sa première histoire à seize ans. Par la suite, en collaboration avec son frère Luc, il publie ses premiers récits dans Métal hurlant à partir de 1977. Son univers fantastique attire l’attention du public, et en 1983 il entame la série Les Cités obscures avec Benoît Peeters. Cette série composée de treize volumes allie monde fantastique, réflexions philosophiques et planches d’architecture.

Il s'associe avec Benoît Peeters pour créer une œuvre commune, Les Cités Obscures, publiée en Chine sous le titre de « 朦胧城市 » par People’s Fine Arts.

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