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Malgré la distance, les échanges continuent entre Michel Ocelot et des élèves shanghaiens francophones

Malgré la distance, les échanges continuent entre Michel Ocelot et des élèves shanghaiens francophones

Dans le cadre de la 22ème fête de la francophonie, Michel Ocelot, réalisateur français célèbre pour ses films d’animation, s’est rendu au collège & lycée des langues étrangères de Pudong à Shanghai où il a échangé avec des élèves qui apprennent le français.

Les élèves avaient préparé de nombreux cadeaux qu’ils ont offerts au « papa de Kirikou » avec notamment un recueil de leurs productions : poèmes, questions adressées au réalisateur, dessins inspirés de ces films...

De retour en France, Michel Ocelot a pris le temps de leur apporter une réponse individualisée que nous reproduisons ici :

Chers élèves de la classe de français,

J’ai sous les yeux le classeur bleu que vous m’avez offert, et j’y réponds.

— Merci calligraphe anonyme.

L’écriture gothique est très réussie.

Maintenant il faudrait que tu trouves une plume à calligraphie. L’écriture chinoise a pris sa forme avec un pinceau. L’écriture occidentale avec une plume d’oie, reproduite au 19e siècle en métal, plus solide. L’écriture gothique, et d’autres, deviennent alors faciles et évidentes.

— Chère Zoé,
Où je trouve mes idées ? J’ai deux manières. La première c’est d’utiliser ma propre vie, des choses vécues, montrer ce que j’aime beaucoup, combattre ce que je n’aime pas du tout. Un bon exemple est ”La Maîtresse des Monstres”. C’est une partie de ma vie, à un moment où tout allait mal et il y avait de quoi désespérer. Mais au lieu de me ”mettre la tête dans le sable”, j’ai écrit sans pitié sur un papier toutes les horreurs qui m’arrivaient. Quand j’ai fini l’écriture, d’une certaine manière j’étais au dessus de mes problèmes. Ils étaient toujours là, mais je les avais regardés en face, définis, et ils étaient moins forts, moins grands. Et j’ai fait l’histoire d’un petit enfant qui a le courage de regarder les monstres dans les yeux et qui les fait rapetisser.

La deuxième est très commode. Je lis beaucoup de contes de tous les pays. Très souvent je ne les trouve pas très bons. Mais par ci par là, il y a une idée qui me plaît beaucoup et je ne prends que cette idée et je construis une histoire autour d’elle. De la même manière, quelquefois il y a une idée qui vraiment me déplaît, alors j’imagine l’inverse, et l’histoire devient intéressante. Un exemple est "ivan Tsarévitch". Dans le prologue avec les trois amis, j’indique précisément ce que j’ai changé -presque tout !—

— Chère Louise,
J’ai écrit le film Kirikou parce que j’en avais envie. C’est le cas de tous mes films. Il faut dire que mon école primaire s’est passée en Afrique et que j’ai de très bons souvenirs, il fallait que j’en parle. J’ai lu beaucoup de contes africains. Enfin il y en a eu un dont le début m’a enchanté. J’ai pris le début, puis j’ai fait une suite que j’ai inventée.

Bien sûr je dis plein de choses dans tous mes films. Par exemple, dans Kirikou, je dis que ce n’est pas grave d’être petit, ce qu’il faut c’est être vaillant et généreux. Je dis aussi que c’est merveilleux d’avoir une maman et un grand-père. Je dis aussi qu’il faut pardonner : Karaba a fait du mal, mais maintenant qu’elle ne fait plus de mal, il ne faut plus lui en vouloir, d’autres lui avaient fait beaucoup de mal.

— Chère Claire,
Les petits enfants sont tout nus, cela se passe ainsi un peu partout. Dans certains pays, on les habille assez tôt, dans d’autres pays, on attend qu’ils soient grands. Pour les adultes dans mon film, non, ils ne sont pas nus. Ils sont vêtus à leur mode. Hommes et femmes sont habillés d’une pièce de tissu autour des hanches. Les femmes ont des coiffures très soignées, et elles portent de beaux colliers et bracelets (quand Karaba ne leur a pas tout pris !). Quand on vit dans un pays chaud, on n’a pas envie de s’habiller beaucoup. Cela arrive dans tous les pays chauds. En Europe, les grecs de l’Antiquité étaient souvent nus, tous les sportifs des jeux olympiques étaient tout nus, et on montrait souvent en peinture et en sculpture des gens tout nus, parce qu’on pensait que c’était très beau. Des statuts de telles personnes nues, il y en a toujours dans les jardins publics et dans les musées, en France et ailleurs. En Asie aussi, il y a des ethnies qui ont gardé l’habitude de ne pas se cacher le torse.

— Cher anonyme,
1. Kirikou est africain. D’abord parce que quand j’étais petit, je vivais en Afrique et j’étais heureux. Et aussi parce que j’aime bien être le premier à faire quelque chose : je suis le premier à avoir fait un long métrage d’animation montrant des Africains. Jamais personne n’y avait pensé, alors que cela fait une bien belle image…

2. Mon héros s’appelle Kirikou parce que j’aime bien que mes héros aient un nom à eux et pas un nom que beaucoup de gens portent. Et ce nom, je l’ai simplement inventé en lui donnant une sonorité africaine.

— Cher Duang,
1. Comme je l’ai dit à Claire, les femmes ne se découvrent pas, elles sont habillées normalement. Les modes sont très différentes à travers le monde. Il y a des endroits où on ne doit pas montrer son torse, et il y en a d’autres où on ne doit pas non seulement montrer son torse, mais on ne doit pas aussi montrer ses mains et son visage.

2. Kirikou apparaît comme plus intelligent que ses camarades, c’est normal pour un héros, on essaie toujours d’avoir un héros meilleur que les autres. S’il n’est pas grand, il est en tout cas intelligent. Il se met à réfléchir. Les autres ne réfléchissent pas, qu’il s’agisse des enfants ou du vieil homme sous le baobab. S’ils réfléchissaient, ils seraient beaucoup plus intéressants. Mon héros, lui, fait ce qu’il faut.

3. Au début, j’ai fait des films en découpage parce que je n’avais pas assez d’argent pour faire autrement, mais j’ai toujours aimé les découpages, que je sois riche ou pauvre. J’aime le papier, les ciseaux et toutes sortes de bricolage. Tous les découpages, je les dessine d’abord. Pour ”Les 3 Inventeurs”, je me suis aidé de jolis napperons de papier qu’on trouve en général sous les gâteaux.

— Chère Lola,
A la fin des " 3 inventeurs”, je dis, d’une voix mal assurée “cela ne peut pas arriver ! Vous voyez bien, c’est du cinéma…” et je montre un cinéaste qui aurait dû être réel, mais c’est toujours des bouts de papier et non la réalité. Si le cinéaste “réel” que je montre n’est pas vrai, ce que je dis à ce moment n’est pas vrai non plus ! C’est une sorte d’ironie, pessimiste. Car tout cela est arrivé réellement : un peu partout, tout le temps, on poursuit et quelquefois tue, des gens différents.

— Cher Alexandre,
Bien sûr, j’ai tout de suite reconnu la maison des 3 Inventeurs. C’est un superbe dessin. Surtout continue à dessiner.

— Merci anonyme pour le dessin du collège. Quel grand établissement !
— Merci Antoine pour les beaux dessins bien nets.
— Merci pour “Princes et princesses” en chinois !
— Merci Charlotte pour la princesse enfin en couleur !
— Merci Emma pour ta missive sur Kirikou.
— Merci pour le portrait de Karaba et les titres bien écrits.
— Merci pour les bonnes paroles, avec un peu d’anglais…
— Merci Sophie des compliments et du léger dessin.
— Merci anonyme. Peut-être as-tu signé au dos, mais en caractères chinois. "Je ne peux pas deviner la fin” est un grand compliment pour un auteur de films ! Et j’ai très bien compris tes dessins.
— Merci Lilou pour ton message, avec les lunettes carrées et les narines !
— Merci Thomas pour la phrase chinoise. Tiens, encore des lunettes carrées, mais avec un petit sourire.
— Merci Ines pour le berger et la bergère et tes encouragements. Oui, je continue !
— Merci pour le poème de Sully Prudhomme !
— Merci pour le texte en chinois —il est beau à voir— C’est bien de m’avoir écrit même sans la langue française. Je ferai un jour traduire.
— Merci Emma pour le drapeau français. Je suis content que tu aimes le français.
— Merci Juliette pour tes vœux.
— Merci Lina pour ton texte.
— Merci Christine de ton mot. Je suis content que tu aimes l’histoire du Montreur de Fabulo et de la Reine Cruelle. Oui, l’amour peut sauver des personnes !
— Merci Jean de ta lettre. Toi aussi tu aimes le Montreur de Fabulo.
— Merci Sébastien de ton admiration.
— Merci Chloé de tes bonnes paroles.
— Merci Liliane de tes mots.
— Merci Océane de ton dessin de princesse.
— Merci Hugo, bon courage pour la suite de l’apprentissage du français.
— Merci Sarah pour les lettres volantes.
— Merci André pour ton approbation.
— Merci Adeline, je suis bien content que tu soies ma fan déchainée !
— Merci Maxime pour le dessin du prince.
— Merci Madeleine de travailler avec mon film. Je te souhaite du bonheur avec musique et video.
— Merci Léo pour l’aigle et le garçon.
— Merci Simon de ton appréciation..
— Merci Lina de ton mot.
— Merci Adrien de tes fleurs.
— Merci Jade de ton mot.
— Merci Alice de tes tampons.
— Merci Charlotte du petit dessin, qui est peut-être Kirikou…
— Merci Noah pour le nid de l’aigle. Mais l’aigle ou le héros manque !
— Merci Jade de ton mot.
— Merci Gabriel de ton dessin énigmatique.
— Merci Anonyme des collages et compliments.
— Merci Adèle pour le dessin de Kirikou, qui a grandi…
— Merci Anonyme (non, il y a le cachet rouge du dessinateur) pour le portrait à l’encre.
— Et Merci pour le beau rouleau de peinture chinoise dans son somptueux étui.

Merci aussi à vos professeurs qui savent vous instruire et vous aider à vous exprimer.
Je vous envoie un brin de muguet —une tradition en France au mois de mai— présenté par Dilil, ma prochaine héroïne.

Michel Ocelot

A ce grand monsieur du cinéma, au coeur généreux, qui a beaucoup ému les jeunes chinois francophones, tous nos plus sincères remerciements !

Quelques productions des élèves, cadeaux à Michel Ocelot :

Michel Ocelot est un réalisateur français qui s’est illustré dans le cinéma d’animation. Réalisateur de la trilogie Kirikou, il a développé au cours de sa carrière un style épuré en utilisant notamment la technique du théâtre d’ombre.
Son oeuvre abondante lui permet d’être reconnu comme l’un des représentants de l’animation à la française. Il est lauréat du César du film d’animation, d’un BAFTA et du Prix Henri-Langlois Film d'animation et de l’image animée.
 

 

 

 

     

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