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A Yi : « En France, à chaque pas il y a de la culture »

A Yi :  « En France, à chaque pas il y a de la culture »

Il y a quelques mois, l’écrivain chinois A Yi se rendait en France où son dernier livre, Le Jeu du chat et de la souris, est tout récemment paru. À son retour, il a accordé une interview à Faguowenhua, dans laquelle il partage ses impressions sur son voyage en France.

Cette interview exclusive est un bel avant-goût de la conférence Fu Lei « Confessions littéraires d’A Yi », qui se déroulera le 14 septembre de 18h à 19h30 à l’Institut français de Pékin.

Faguowenhua : Vous êtes récemment allé en France pour parler de votre livre, Le Jeu du chat et de la souris, publié chez les Éditions Stock en avril dernier. Était-ce votre première fois en France ? Quelle a été votre impression de ce pays, notamment d’un point de vue de la culture et de l’activité littéraire ?

A Yi : Oui, c’était ma première fois. C’est une terre très riche. À chaque pas il y a de la culture. On trouve des statues partout, par exemple. On sent que ce pays a un vrai fond culturel, une véritable base. Chaque village a une histoire bien propre. Même une cloche accrochée devant une porte a une histoire de 100 ans ! Personnellement, un bon nombre de mes lectures littéraires sont des ouvrages français, traduits en chinois bien sûr. La Dame aux camélias a été le premier roman que j’ai lu. Je pense sincèrement que si l’on pouvait diviser la richesse littéraire du monde entier, la moitié appartiendrait à la France, et l’autre au reste du monde !


Le Jeu du chat et de la souris, publié chez les Éditions Stock


Faguowenhua : Est-ce que quelque chose vous a particulièrement étonné ?

A Yi : Oui. Ce sont les librairies. Vous avez des petites librairies partout en France. Je prendrai l’exemple de la ville de Vienne, que j’ai visité. C’est une petite ville à quelques dizaines de kilomètres de Lyon. 30 000 habitants. Et bien la ville de Vienne a une librairie qui est vieille, qui a une histoire, mais les libraires sont jeunes et ont un seul but : donner le goût de la lecture aux habitants, notamment aux personnes âgées. Il y a une grande proximité entre les libraires et les habitants, malgré la différence d’âge. Ils discutent de livres, recherchent les nouveautés, vont même jusqu’à manger ensemble. C’est formidable.

Or en Chine nous avons très peu de librairies, et même lorsque nous en avons, elles sont dans un rapport marchand. Nous n’avons qu’une infime minorité de vraies librairies comme celle de Vienne. Il y en avait bien une que je connaissais à Dalian, mais elle a fermé car le loyer était trop cher…

Faguowenhua : Vous avez fait des rencontres en librairie dans des villes très différentes. Quel a été votre ressenti ? Avez-vous vu une différence entre les publics ?

A Yi : En fait, j’ai eu l’occasion de visiter quatre villes lors de ma tournée : Paris, Lyon, Vienne et Rillieux-la-Pape.

À Paris, j’ai pu visiter la Librairie Le Phoenix (Fenghuang) et rencontrer mes éditeurs, notamment Manuel Carcassonne qui est le directeur des Éditions Stock. C’était très intéressant, et dans cette librairie le public s’y connaissait assez sur la Chine.

À Lyon, j’ai participé aux Assises Internationales du Roman, à la table ronde « Généalogie d’un crime » avec Kate Summerscale et Simon Liberati. Il y avait 400 personnes.

À Rillieux-la-Pape j’ai rencontré les lycéens du Lycée Albert Camus dans la bibliothèque municipale. C’était assez étonnant de voir que des lycéens avaient lu et aimé mon histoire.

Et enfin, à Vienne, j’ai eu un coup de cœur pour la librairie. Le public était plus âgé. Il y a avait une vraie ambiance de voisinage, et puis Vienne est une si belle ville… Pour tout vous dire, la librairie était située juste à côté d’un palais daté de la Rome antique !

En fait, je ne pensais pas que ça puisse être le cas, mais en France mon livre a plu à tous les types de lecteurs. C’est assez émouvant.

Une anecdote : une femme m’a suivie depuis Lyon jusqu’à Vienne. Et elle est venue me dire : « Arrêtez de travailler, consacrez-vous à l’écriture. J’ai très hâte de lire un autre livre de vous. » Et puis elle est repartie, comme ça, pour reprendre le train jusqu’à Lyon.

Faguowenhua : Vous avez participé aux Assises Internationales du Roman, quelle en a été votre impression ?

 A Yi : J’ai participé à beaucoup de festivals, de foires, de salons du livre. Cette fois-ci, c’était ma première fois en France. Je n’ai pas pu en profiter en tant que spectateur mais en tant que participant, si. Les Assises étaient particulières en cela que la Villa Gillet a organisé plusieurs événements dans plusieurs lieux dispersés. Tout ne tournait pas autour du Forum. Il y avait une multitude de petits événements bien ciblés.

Quand je fais la comparaison, beaucoup d’autres foires ressemblent à des containers, où les événements s’enchaînent : les visiteurs qui viennent nous voir sont presque là par hasard, parce qu’ils passent devant nous. Là c’était tout à fait différent.

Faguowenhua : Avez-vous rencontré d’autres écrivains ? Lequel ou laquelle vous a paru le plus intéressant ?

A Yi : Oui, j’ai eu la chance de rencontrer plusieurs écrivains, dont deux qui participaient à la table ronde « Généalogie d’un crime » avec moi. Je ne les connais pas bien, mais l’écrivaine australienne Kate Summerscale m’a beaucoup impressionné. Elle s’intéresse dans son roman à un crime de l’ère victorienne au Royaume-Uni. Elle a fait des interviews, a mené l’enquête, a fait beaucoup de recherches… Elle a une approche presque plus scientifique que fictive !

Faguowenhua : Si vous deviez comparer les Assises Internationales du Roman à un événement en Chine auquel vous avez participé, ce serait lequel ?

A Yi : Je dirais le fellowship de la Foire International du Livre de Pékin (BIBF), organisé conjointement par le CNPIEC (China National Publications Import & Export Corporation) et Paper Republic. C’est un événement très bien organisé.

Un dialogue à poursuivre : ne ratez pas la conférence Fu Lei « Confessions littéraires d’A Yi » du 14 septembre !

Cette tournée a visiblement enchanté l’auteur, c’est pourquoi nous souhaitons également remercier les Éditions Stock et les Assises Internationales du Roman pour leur organisation.

 

 

 

     

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